Crise migratoire à Ceuta : l’Italie menace de suspendre Schengen avec l’Espagne
Alors que l’enclave espagnole de Ceuta connaît une arrivée soudaine de milliers de migrants en provenance du Maroc, rappelant la crise de 2021, l’Italie a évoqué une possible suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a qualifié les images venues de Ceuta d’« impressionnantes » et a confirmé que son pays était prêt à intervenir, sans exclure le recours à des mesures exceptionnelles.
Quelles sont les positions des dirigeants italiens ?
Giorgia Meloni a déclaré que « l’immigration clandestine incontrôlée représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes ». Elle a ajouté que les autorités italiennes convoquaient les organismes compétents et qu’à l’issue de ces réunions, l’Italie était prête à intervenir, y compris par la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a exprimé son soutien à cette mesure, estimant que « l’immigration irrégulière et incontrôlée représente un danger pour la sécurité nationale ». Il a critiqué la décision du gouvernement espagnol d’accorder la nationalité espagnole à plus de 500 000 immigrés en situation irrégulière, la jugeant « profondément erronée » et encourageant la traite d’êtres humains. Le ministre des Transports, Matteo Salvini, a également jugé « nécessaire » de suspendre Schengen, en rappelant son propre combat judiciaire pour la protection des frontières italiennes.
Quelle est la réaction de l’Espagne ?
La réponse du gouvernement espagnol a été ferme. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a qualifié les propos d’Antonio Tajani de « message inapproprié de la part du ministre des Affaires étrangères d’un pays partenaire et ami ». Il a annoncé la convocation de l’ambassadeur italien en Espagne pour le lendemain, soulignant que l’Espagne attendait de l’Italie une solidarité européenne et non une démagogie partisane.
Quel est le cadre juridique de la suspension de Schengen ?
La suspension de l’espace Schengen est prévue par l’article 25 du traité, qui autorise le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures en cas de « menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure d’un État membre ». Cette mesure est décrite comme une « mesure de dernier recours », à prendre en l’absence d’autres instruments disponibles. La durée maximale de ce rétablissement est de trente jours, renouvelable jusqu’à six mois au total. Le gouvernement concerné doit notifier sa décision au Parlement européen, au Conseil, à la Commission et aux autres États membres, avec un préavis de quatre semaines pour les suspensions programmées, ou dans les plus brefs délais en cas d’urgence.
Quelle est la position des Nations unies ?
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a réaffirmé la nécessité de respecter « les droits et la dignité » de tous les migrants arrivant à Ceuta, selon son porte-parole.
FAQ
Pourquoi l’Italie menace-t-elle de suspendre Schengen avec l’Espagne ?
L’Italie considère que l’afflux de migrants à Ceuta, combiné à la politique d’octroi de nationalité espagnole, constitue une menace pour la sécurité nationale et européenne, justifiant une mesure exceptionnelle.
Quelles sont les conditions juridiques pour suspendre Schengen ?
La suspension est autorisée en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, à titre exceptionnel et en dernier recours, pour une durée limitée (jusqu’à six mois).
Quelle a été la réaction de l’Espagne face à cette menace ?
L’Espagne a convoqué l’ambassadeur italien et a qualifié les propos italiens d’inappropriés, appelant à la solidarité européenne plutôt qu’à la démagogie.